Article – J’pardonne pas… jamais !

Article – J’pardonne pas… jamais !

Nouveau coup d’envoi sur le terrain conjugal. Nouvelle offense, en plein match, un match qui dure, puisque la souffrance s’évertue à jouer les prolongations. 20 ans : voici 20 ans qu’Aimé s’est senti trahi par les journalistes sportifs, alors qu’il a su mener l’équipe de France à la victoire. Aimé… vous avez dit … aimer ? Jusqu’où ? Amour ou … haine ? La blessure fait mal, comme la charge du joueur adverse.

Les deux joueurs en présence vont-ils user de l’amorti, du dribble, ou du coup franc ? Dépendants l’un de l’autre depuis leur première rencontre, enchevêtrés dans leur lien d’amour conjugal, voici les époux, les conjoints, les amants liés par leur blessure – au singulier comme au pluriel-, puis mis à distance par un débordement d’émotions trop fortes pour qu’ils les contiennent : amertume, rancune, colère, désir de vengeance…

Deux chemins s’offrent aux conjoints : jouer la montre et fuir la blessure, oublier ou compenser le manque ou bien choisir de s’engager sur la surface de réparation, si ce n’est pour « rétablir la vigueur première » entre eux, a minima pour dépasser l’offense, en regardant la réalité en face. Dépasser l’offense… Ne plus compter les points, mais faire un retour sur le passé, sur ce qui a fait l’histoire du couple, ses heurts et ses bonheurs, revient à identifier la blessure majeure et toutes les blessures secondaires qui ont pu s’accumuler dans l’escarcelle conjugale, jusqu’à l’insupportable.

A quoi bon effectuer ce travail douloureux, surtout si un avenir commun n’est plus envisageable ?

Ce travail s’inscrit dans une recherche d’apaisement. En effet, la richesse de la réflexion sur soi, parfois avec l’aide d’un tiers, revient à faire un travail d’acceptation de la réalité et de guérison de la souffrance. Reconnaître mon erreur, accepter la blessure reçue ou commise, extérioriser mes émotions de colère et de rancune me donne à comprendre, sans chercher d’excuse. La situation a changé, je l’identifie, et ainsi je sors de l’idéal projeté sur l’autre, sur moi, sur notre lien de couple. Je prends ce faisant conscience que je suis responsable de ce que je fais de ma blessure : je suis en mesure de décider ou non de quitter mon statut de victime. Parfois même, lorsque la vie conjugale est encore envisageable, il est alors possible de renouer avec une confiance auparavant perdue.

Alors… match nul ?