Article – Le lien conjugal sur le fil du rasoir

Article – Le lien conjugal sur le fil du rasoir

Mars et Vénus continuent à jouer de leurs oppositions de phase, tout au long de la vie du couple, tant dans les moments complices, que dans les luttes parfois sanglantes qui opposent les partenaires. Pendant des années, silencieusement et de façon souvent anodine, Lui et Elle ont accumulé incompréhensions et non-dits. Jusqu’à épuisement. Jusqu’à ce que le déséquilibre dans l’investissement au sein du couple et de la famille soit manifeste, pis encore : activateur de souffrance. Les degrés d’engagement des conjoints ont été si divers (si divergents ?) que ce soit à la maison, sur le lieu de travail, auprès des enfants, au sein du couple lui-même…

Dans le mouvement perpétuel du lien de couple, l’un des deux conjoints n’a pas été là où l’autre l’attendait. C’est pour l’autre comme si le contrat de base semblait avoir été rompu. L’horizon s’est obscurci des blessures de trahison, de perte de confiance, parfois chez l’un comme chez l’autre. A trop danser sur deux rythmes différents et sans langage commun, les amants sont devenus ennemis, sans imaginer retrouver un jour de la complicité.

Lui et Elle s’opposent parfois jusque dans leur demande, lorsqu’ils ont le courage de pousser la porte d’un Cabinet. Pour l’un il est trop tôt pour se projeter dans un futur serein, et pour l’autre il est trop tard pour sauver les meubles. Tandis que l’un peut être en état de choc du fait de l’annonce de la séparation, dans le déni et son lot de sentiments de colère, d’amertume, et de révolte, l’autre peut souhaiter clarifier les choses matériellement : répartition de la charge des enfants et gestion des aspects matériels.

Alors que faire ? Est-il encore temps d’agir, d’agir sur le nous, même quand il ne signifie plus rien pour l’un des conjoints (ou les deux) ?

Il n’est jamais trop tard pour travailler sur l’acceptation d’une réalité trop souvent douloureuse, en vue de réorganiser un futur plus serein. Oui, prenons en couple le temps de travailler la sortie, de poser les choses, de relire avec courage et franchise les blessures subies ou commises en s’efforçant de comprendre et d’accueillir la souffrance de l’autre et de dire la sienne, de déposer son agressivité, sa colère, sa tristesse aussi.

Ce travail œuvre pour une meilleure acceptation de la réalité, en vue de mener à son terme le travail de deuil de la relation, pour que demain et tous les autres jours soient prometteurs d’avenir.